Blogueur quoi?

J’ai mis du temps à me décider à prendre le clavier. D’abord je me suis dit « c’est les vacances, personne lira ton article, te casse pas la tête ». Et puis j’ai réfléchi (oui ça m’arrive) et je me suis décidé à parler de ce nouveau rebondissement de la blogosphère française, le procès intenté par les Editions Roland à Stéphane Briot, auteur du très bon 4h18. Mais que s’est il passé?

Résumons un peu les faits comme je les voit.

Nous avons d’un côté les Editions Roland, enregistré comme éditeur de livres (vérifié auprès du répertoire SIRENE), auteur de e-formations sur le développement personnel et le blogging (?); de l’autre, Stéphane Briot, blogueur reconnu, auto-entrepreneur en programmation informatique, grande gueule notoire, dispensant ses conseils, avis, coups de gueules sur le blogging depuis des années.

Stéphane étant ce qu’il est, il fait partie de ces professionnels du web qui ne voient pas d’un bon œil les méthodes de vente « à l’américaine » de personnes comme Aurélien Amacker ou Olivier Roland (pour les plus connus) qui promettent monts et merveilles en dénigrant le travail des autres (j’en avais brièvement parlé il y a quelques temps).

C’est ça le rêve américain?

Mais de toute évidence, il n’y a pas que la vente qui se fait à l’américaine, mais également la réponse à la critique et aux questions. C’est pourquoi en août, les Editions Roland ont décidé d’attaquer en justice Monsieur Briot. Le grief retenu? A priori – je n’ai pas  les détails de l’accusation- l’utilisation, dans des articles dénonçant les incohérences de différents sites, d’un terme somme toute générique déposé par les éditions Roland à l’INPI. De l’avis de certains, la vraie raison serais que les Editions Roland sont très chatouilleuses quand à la critique, et n’apprécieraient pas que les articles de Stéphane aient été mieux placés dans les SERPs sur les mots clés spécifiques. Est-ce qu’on saura un jour le fin mot de l’histoire? Peut-être pas… En tout cas, j’attends avec impatience la fin du procès pour connaître le fin mot de l’histoire officielle 😉

Ma position dans tout cela?

Je ne le cache pas, je ne connais personnellement ni l’un, ni l’autre des protagonistes, ni les détails de l’accusation. Mais j’ai quand même un point de vue sur les façons de faire de chacun, qui me portent à soutenir Stéphane.

Déjà, de par son franc-parler, et l’honnêteté qu’il met dans ses articles, Stéphane nous dit régulièrement tout le bien qu’il pense du blogging, de la capacité qu’il y a de gagner sa vie grâce à cela, mais aussi des difficultés et de l’engagement que cela représente. Il ne joue pas sur les mots, et ne les mâche pas non plus. Il vous dit ce qu’il estime être la vérité sur son métier, pour vous aider à avancer même si ça pique. Alors cela énerve certains, cela plaît à d’autres, moi en tout cas ça me parle.

Olivier Roland, lui, propose de belles vidéos dans lesquelles il explique qu’installer un blog professionnel, cela ne prends que 10 minutes, qu’on peut être un expert dans un domaine sans être un expert, et devenir riche avec un blog en moins d’un an. Mais que pour cela il faut payer sa formation. Bref, il représente ce que j’appelle le marketeux à l’américaine, qui présente très bien, qui sais bien faire mousser son produit, qui flirt avec le mensonge mais sais jouer des mots pour pouvoir ensuite utiliser les nuances et donc rester dans la légalité. Discutable, mais clean…

Bref, des questions d’attitudes et de professionnalisme qui me font penser que ce procès ne semble être qu’une mascarade inutile et insensée, et un gâchis total…

J’espère de tout cœur que Stéphane sortira sans dommage de ce procès, comme le font

Rodrigue, de Créer1site

Olivier, de EuKlide

Sébastien, de G3no

Thibaut, du TiPi’s Blog

Sophie, de Webnvous

 

5 réponses
    • Etienne Cassiat
      Etienne Cassiat dit :

      Bonjour Patrick

      De toute évidence, j’ai quand même été (un peu) lu avec un compteur de visite qui a littéralement explosé, avec 50 visiteurs, dont 31 juste pour cet article ^^ A moi la gloire!

      Ensuite, c’est vrai qu’il peut être dangereux de donner son avis: par exemple Rodrigue, sur creer1site, qui a été le premier à parler du sujet, a eu droit à un courrier de l’avocat des Editions Roland (c’est Dallas, je vous dit)

      Ceci étant, je n’ai pas l’impression d’avoir dit dans mon billet quoi que ce soit qui soit de nature à me faire taper dessus. Mais je préfère encore prendre le risque d’avoir un AR pour avoir donné un avis et être honnète avec moi-même, que d’avoir cautionné une attitude qui me dérange en gardant le silence 😉

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  1. herve
    herve dit :

    C’est un truc bien français, ceux qui ne gagnent pas beaucoup d’argent trouvent toujours malhonnêtes ceux qui en gagnent. Il semble que Olivier Roland ait eu une entreprise plus traditionnel dans l’informatique et que son expérience est profitable à ceux qui souhaitent se lancer. Mais je comprends la frustration d’un entrepreneur qui, à priori, a fait des études et gagne moins de 50K par an quand il voit qu’un entrepreneur qui n’a pas fait d’étude et gagne 450K par an.

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    • Etienne Cassiat
      Etienne Cassiat dit :

      Bonjour Hervé.

      Qu’il gagne 450k par an, d’un côté, j’en ai rien à tamponner. Il pourrait se faire un salaire de footballeur que ça ne me dérangerais pas plus que ça, après tout, l’argent reste le nerf de la guerre en ce bas monde. Qu’il ait eu une entreprise dans l’info, soit. Mais cela n’enlève en rien le problème de base que je vois, qui se situe en premier lieu sur un plan éthique, ensuite sur la forme.

      Vendre des formations sur le blogging, ça va. Faire les fameux « lancements orchestrés », c’est une technique marketing somme toute standard, ça reste un teasing classique. Dans le cas présent, il faut dire que c’est rondement mené, respect total. Par contre, les promesses faites me semblent étonnantes, la façon de faire est discutable (je ne reviens pas dessus, c’est dans l’article). De même, présenter les chiffres sous formes de CA à chaque article, de mon petit point de vue perso c’est fausser la donne. Si je fait 20k de CA dans ma boutique, mais qu’en contrepartie j’ai 22k de frais, je sais pas pour toi mais moi, mon boss est pas content…

      Enfin, ce qui me dérange, c’est cette tendance qu’ont certaines personnes à se la jouer à l’américaine (non, pas à coup de pistolet dans la rue), à balancer des procès à tout va… C’est une réaction disproportionnée, qui n’apporte pas forcément de légitimité aux attaquants, ni avancer le schmilblik… (surtout si le procès se fait effectivement sur l’utilisation de termes génériques…)

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