Lecture: « All you need is kill »

Aujourd’hui, on va parler un peu culture. Pas de celle que vous faites dans un champ hein, mais de lecture. Il faut savoir quelque chose sur moi: j’adore lire. Que ce soit du roman, du manga, de la BD classique ou Picsou, je dévore des yeux une quantité non négligeable de papier noirci.
En parlant de BD asiatiques, outre les grosses séries que je lis (Naruto, Blood Lad et le bientôt achevé Bakuman. pour ne citer qu’eux),  j’ai été attiré récemment par quelques mangas sortis en séries courtes, voire très courtes: La main droite de Lucifer et Bullet Armors ont ainsi fait craquer mon petit cœur de lecteur (et par ricochet mon portefeuille par la même occasion)

Alors que je flânais dans le rayon manga de la Fnac (c’que c’est bien dit!), je suis tombé sur une histoire en 2 tomes appelée All you need is kill. Point particulier du manga, c’est une adaptation d’une nouvelle du même nom, qui a également bénéficié d’une adaptation au cinéma avec Tom Cruise sous le nom de Edge of Tomorrow.
En deux temps trois mouvements la décision était prise, il me fallait le manga,  le roman, et que je voie le film.

La recherche du livre a été l’objet d’un moment entre gag et envie de meurtre à la Fnac:

Moi: « Bonjour je cherche le livre Edge of Tomorrow »
Vendeur: « C’est un manga qui s’appelle All you need is kill, c’est l’étage en dessous » (Ceci étant, admirons ici la connaissance du vendeur qui sait que Edge of Tomorrow et All you need is kill ne font qu’un)
Moi: « Non je cherche le livre, le manga est adapté d’un roman, c’est le roman que je cherche et en France il est pas sous le nom d’origine mais sous le nom du film (bande de cons du marketing) »
Vendeur: « Nan nan, Edge of Tomorrow, c’est le film, et le manga associé c’est All you need is kill »
Moi: « JE TE DIT QUE C’EST UN ROMAN À LA BASE, IL EST MÊME INDIQUÉ DANS TON STOCK SUR INTERNET À CE NOM (connard) »
Vendeur: « Ah oui, effectivement, mais je le trouve pas en réserve, je vais demander à ma collègue »
Collègue arrive: « Mais voyons, Edge of Tomorrow, c’est le film, et le manga c’est All you need is kill monsieur. »
Moi: « Et quand on viendra demander le film, vous allez aussi me dire que c’est un manga, ou vous allez quand même prendre votre cerveau et écouter ce que je vous ai dit et lire ce que votre p*** d’écran vous indique? »
Vendeurs: « OooOoh !!En effet, il est indiqué qu’il y a un roman, mais on sais pas où c’est rangé… »
Après leur avoir intérieurement défoncé le crâne sur leur comptoir et éparpillé les membres aux quatre coins de l’étage, j’ai opté pour la commande avec livraison à domicile gratuite (que je voulais éviter pour pouvoir le lire plus vite, sinon je ne serait pas passé en magasin mais j’aurais commandé directement sur le site…) Bref, deux jours plus tard, le livre arrive gentiment dans ma boite aux lettres, la lecture peux commencer.

L’histoire

La Terre est envahie par des extra-terrestres, les Mimics. Malgré tous les efforts déployés, tout semble perdu. Keiji Kiriya, nouvelle recrue dans l’armée de la Défense des États, participe à sa première bataille et est tué au cours de celle-ci. Mais voilà qu’à sa grande surprise, il se réveille le jour précédant la bataille et se retrouve coincé dans une boucle temporelle…

– Source Wikipédia

Tout un programme hein?

Soyons clair: entre le livre et le manga, peu de différences notoires. Effectivement, le livre a été fait à l’origine avec des illustrations, et le texte est écrit de façon très graphique. On visualise très bien ce que l’auteur raconte, sans pourtant avoir une histoire à la Zola 😉

Ma grande frayeur tenais sur la façon de traiter la répétition des boucles. En effet, on peut vite se retrouver avec une certaine lassitude dans l’idée de la boucle. Mais Keiji décide de tirer parti de cette « malédiction » pour appliquer le principe du kiri-oboeru, traduit par « tue ton ennemi et apprend ». L’idée est simple: tu te bats, si tu gagnes ton combat tu gagne de l’expérience par la même occasion, sinon ça veux dire que tu es mort. Libéré du problème classique du soldat, qui implique une notion assez… irréversible de la mort, Keiji va devenir au fur et à mesure des boucles un combattant hors pair, gardant l’expérience de ses batailles pour évoluer et passer de jeune bleu sans expérience à soldat expérimenté. Il va ainsi se rapprocher du niveau de la star des soldes des combattants, celle qu’on appelle la Valkyrie, la Full Metal Bitch, Calamity Dog, La guapa de la sangre del toro (ah non le dernier c’est pas dans le bouquin…), la seul et unique Rita Vrataski.

Le rappel de la surprise de ses compagnons d’armes sur son niveau de combat nous ramène régulièrement au fait que pour eux, c’est toujours la même journée. Imaginez votre surprise si le jeune bleu bien tendre que vous aviez vu la veille se révélais être au réveil plus à l’aise au combat que le plus expérimenté de vos soldats… Pour autant, cela n’alourdit l’histoire à aucun moment, permettant quelques différences dans la narration, l’impact de Keiji étant différent et donc les répercussions de ses actions entraînant des réponses différentes.

La différence notoire entre les deux supports se situe sur quelques chapitres. Le roman prend le temps de quelques chapitres de petites digressions expliquant l’origine des Mimics. Cela apporte un plus indéniable à l’histoire, lui donnant une dimension supplémentaire par rapport au « simple » récit des combats et de l’histoire qui tourne autour de Keiji, Rita et les boucles qui est fait dans le manga.

Ce que j’ai aimé

Le manga a un avantage de taille: il est dessiné par Takeshi Obata (Death Note, Hikaru No Go, Bakuman., …). Le trait est d’une justesse exceptionnelle, rendant parfaitement honneur aux descriptions du roman.

Les expressions des personnages sont exactement ce qu’on imagine à la lecture du livre, la mise en page donne le rythme de l’histoire et l’ambiance générale est parfaitement respectée.

Seule entorse faite au roman, le design des Mimics. Quant ces derniers sont décrits comme ressemblant à des « cadavres de grenouille gonflés », le dessins les fait plus ressembler à des boulettes  sur pointes avec des dents… Différence minime, mais quand même.

Pour ce qui est du roman, outre le principe de base de l’histoire, la transition entre la boucle de Keiji, celle de Rita et la fusion des deux est fait tellement en douceur que cela semble naturel et couler de source.

Une seule chose m’a manquée

Et c’est uniquement dû à l’éditeur français du roman: à la base, c’est un roman illustré par Yoshitoshi ABe (Serial Experiments Lain entre autre), et Kazé n’a pas estimé utile (ou eu les droits?) des garder ne serais-ce que la couverture originale, pour préférer l’affiche du film…

Ne sachant pas lire le japonais, je n’ai pas pris le parti d’acheter le livre en VO, et j’ai donc été privé de cette belle couverture (et des illustrations à l’intérieur du livre s’il y en a…)

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En attendant de voir le film quand il sortira en Blue-ray, , je conseille à tous les lecteurs de vous plonger dans l’un ou l’autre (ou les deux!) de ces supports, c’est un très bon moment à passer!

Coup de coeur du jour: l’étoile et le jardinier

En traînassant comme d’habitude sur Facebook, je suis tombé sur l’un de mes contact qui partageais un morceau de La Rue Kétanou, la fiancée de l’eau. J’ai aussitôt pensé à un autre titre de ce groupe que j’aime beaucoup (le groupe hein!), et je vous l’offre aujourd’hui. C’est une des chansons qui m’a le plus marqué lorsque j’ai découvert le groupe, et qui – je pense – exprime le mieux ce qui traverse l’esprit d’un père comme moi 🙂 Bonne écoute!

J’ai testé pour vous: Haikyuu!!

Depuis quelques mois est sorti en France un manga sur le thème du volley. Etant moi-même joueur et arbitre de volley, ainsi que friand de manga, je ne pouvais pas passer à coté de cette série, appelée Haikyuu, les as du volley-ball.

J’ai donc foncé chez l’un de mes fournisseurs de manga (Auchan…) pour me procurer le premier tome de la série lors de sa sortie. Les deux premiers tomes sont sortis quasiment coup sur coup, et ont fait l’objet d’une publicité et de l’approbation officielle de la Fédération Française de Volley-Ball (si c’est pas une preuve de qualité ça)

Mon appréhension était de tomber sur un remake de Jeanne et Serge, sentiments dégoulinants et réflexions de 15 ans pendant que le ballon est en l’air. Et là, ce fut le bonheur complet!
Le sujet se présente de façon simple: Shôyô, 1m63, est fan de volley depuis qu’il a vu à la télé un match de championnat des lycées dont l’attaquant vedette est surnommé « le petit géant ». Il tente tout pour pouvoir participer au tournoi des collèges et y parviens à force de patience en dernière année. Son seul atout, sa détente exceptionnelle. Malheureusement, son premier match le trouve confronté à un passeur de génie, Tobio, surnommé « le roi du terrain », qui élimine son équipe en moins de temps qu’il n’en faut pour le lire, et deviens son rival attitré.
L’année scolaire suivante, il intègre le lycée qu’il souhaite, Karasuno (littéralement le lycée des corbeaux), dont l’équipe est à l’origine de sa passion. Gros problème, il devra cohabiter sur le terrain avec… Tobio. Il faut donc faire jouer ensemble le passeur d’exception au caractère bien (trop) trempé, et le passionné quasi amateur, qui a appris sur le tas et seul…

On entre là dans la pure lignée du Shonen manga, où le héro grandit au fur et à mesure des pages, dans un cheminement initiatique qui lui fait rencontrer des adversaires, des amis, qui l’aiderons tous à évoluer physiquement, dans son art et son esprit.

Le manga permet d’apprendre et comprendre les différents rôles au volley, les spécificités des postes, et retransmet très bien la vitesse du jeu.  Pas de grands monologues pendant les points, le ballon passe d’une main à l’autre, les attaques fusent et se font contrer, l’instinct est mis en avant, bref, on est loin des attaques improbables de Jeanne et Serge ou des plongeons qui durent 10 pages.

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On a bien sûr ce côté très manga qui reviens, chaque joueur phare va se voir attribuer un surnom qui claque. Le passeur est le « roi du terrain », le libéro le « Dieu de la défense », l’équipe est surnommée « Les corbeaux sans ailes » depuis qu’elle ne tutoie plus les sommets des classements, bref on retrouve tout ce qui fait la recette du Shonen 🙂

Si vous aimez les shonen mangas et le sport, je vous conseille fortement ce manga. Il prends tout ce qui peux faire du volley un sport peu médiatisé (la vitesse du jeu, la technicité, le côté scolaire) pour en faire des forces et le mettre en avant (même si le sport scolaire a meilleure presse au Japon, comme c’est le cas aux USA par exemple, qu’en France où c’est plus considéré comme une corvée qu’une compétition réelle). Bref, du plaisir à l’état pur, de l’humour, de l’action, un must-have du manga sportif!